Découvrir que son site a été compromis génère souvent une réaction de panique — supprimer des fichiers en urgence, éteindre le serveur, ou au contraire ne rien faire en espérant que ça passe. Aucune de ces réactions n'est la bonne. Voici l'ordre des priorités dans les premières heures.

1. Isoler sans détruire

Mettez le site en maintenance ou coupez temporairement l'accès public si possible, mais évitez de supprimer des fichiers ou la base de données avant d'avoir compris l'étendue du problème : ces éléments constituent des preuves utiles pour identifier la faille exploitée.

2. Changer tous les mots de passe et clés d'accès

Administration du site, hébergeur, base de données, comptes FTP, clés API : tout ce qui a pu être exposé doit être changé, même si vous n'avez pas la certitude que ces accès précis ont été compromis.

3. Évaluer si des données personnelles ont été exposées

Si le site traite des données personnelles (comptes clients, formulaires, newsletter) et qu'une compromission est confirmée ou probable, il s'agit potentiellement d'une violation de données au sens du RGPD. La CNIL impose une notification sous 72 heures dans certains cas — mieux vaut vérifier cette obligation rapidement que la découvrir trop tard.

4. Identifier et corriger la faille exploitée

Restaurer une sauvegarde sans corriger la faille d'origine expose à une nouvelle compromission, parfois en quelques heures seulement. Un audit de sécurité permet d'identifier précisément quels points restent exploitables avant de remettre le site en ligne.

5. Se faire accompagner si besoin

Pour les cas les plus sérieux, le dispositif cybermalveillance.gouv.fr, porté par l'État français, oriente les entreprises vers des prestataires qualifiés en réponse à incident.

Une fois la situation stabilisée

La remise en ligne ne doit intervenir qu'après vérification que la faille exploitée a bien été corrigée. Un scan de sécurité gratuit permet de confirmer qu'aucun point d'entrée évident ne subsiste avant de rouvrir l'accès au public.